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Stolen, le récit sur l’esclavage dans les camps du Polisario projeté une nouvelle fois à New York

Le documentaire Stolen, qui a été co-produit en 2009 par l’Australo-bolivienne, Violeta Ayala, et l’Australien Dan Fallshaw, une œuvre qui relate en 78 minutes le vécu de Fatim Salam, jeune esclave dans les camps du Polisario à Tindouf qui retrouve sa mère M’barka, après trois décennies de séparation, a été projeté, lundi soir, à New York.

Malgré les pressions exercées par le Polisario, en avril 2010, pour la déprogrammation du documentaire, le film avait été projeté au Lincoln Centre, une institution des arts et du spectacle, parmi les plus prestigieuses aux Etats-Unis, lors de la 18éme édition du festival du film africain de New York (NYAFF), dans le cadre de sa thématique « Droit de l’Homme ».

« Comment peut-on invoquer la culture pour expliquer des pratiques esclavagistes », a estimé Julie H., universitaire à Manhattan College, pour qui c’est un problème qui interpelle l’ONU.
 
Des personnes sont « persécutées et vivent des pratiques supposées révolues. Ceci est une atteinte aux droits de l’Homme », a enchaîné Mary R., lors d’un débat en visioconférence avec les réalisateurs.
 
Partis pour enquêter sur les conditions de vie des Sahraouis dans les camps de Tindouf, Violeta Ayala et Dan Fallshaw découvrent par hasard un exemple d’esclavage moderne et décident de témoigner.
 
Ce film est un « témoignage brûlant de la déchéance humaine et de ce que l’homme peut faire contre son semblable », a dit Hellura Lyle, curateur qui a choisi de le programmer en tant que documentaire du mois au « Maysles » cinéma, nom éponyme des célèbres réalisateurs américains, les frères Albert et David Maysles qui ont signé le célèbre film « Grey Garden » (1976).
 
« Il était intéressant d’organiser un échange -dans le cadre de « Doc Watchers », forum/débat mensuel-, entre les réalisateurs et les spectateurs autour de cette thématique, a souligné Hellura Lyle pour qui c’est « une responsabilité morale » que de dénoncer ces « pratiques d’un autre âge ».
 
« C’est une société où les Blancs et les Noirs sont séparés. Vous ne verrez jamais des gens de couleurs unis à des Blancs », souligne Violeta Ayala. C’est ce point qui nous a intrigué, quand la maîtresse de Fétim, Deido, une imposante femme blanche était présentée comme sa mère. La seule satisfaction, pour eux, aura été d’avoir permis à Fétim, à travers « notre insistance auprès des Nations Unies de revoir sa mère biologique, après plus de 30 ans ».
 
Conscients des « déboires » que le documentaire a pu créer à cette jeune femme, ils s’en tiennent à leur objectif celui de « dénoncer la traite des esclaves et de faire connaître au monde qu’il existe encore la traite des Noirs, des êtres humains. Car Fétim, n’est pas la seule esclave dans les camps », insistent-ils. « Ils sont totalement soumis, battus, leurs noms sont changés, ils ne peuvent se marier qu’avec l’accord de leurs maîtres et requièrent des documents pour être déclarés libres », indique Violeta Ayala.
 
Il est évident, renchérit Dan, que ces personnes sont « prisonnières dans une société où l’esclavage est une institution, une pratique que l’on pensait révolue, il y a 200 ans ».
 
Depuis Oslo, où ils se trouvent pour la production d’un nouveau film, les réalisateurs expliquent que plus de 3 ans, 70 festivals et 12 prix plus tard, et le documentaire fait toujours du bruit, et est objet de controverse et parfois de censure.
 
De fait, en avril 2010 et malgré les pressions exercées par le polisario pour la déprogrammation du documentaire, le film a été projeté au Lincoln Centre, une institution des arts et du spectacle, parmi les plus prestigieuses aux Etats-Unis, lors du 18éme édition du festival du film africain de New York (NYAFF), dans le cadre de sa thématique « Droit de l’Homme ».
 
« C’est un message fort que nous essayons de passer à travers ce documentaire », avait alors indiqué à la MAP, Mahen Bonetti, fondatrice et directrice du NYAFF.
 
Mais si le Polisario n’a pas réussi à déprogrammer le documentaire du festival de New York, il a « frappé fort en Suède », un pays pourtant universellement reconnu comme « champion de la liberté d’expression! », raconte Ayala.
 
Prévu pour passer à la télévision publique suédoise « UR », en mars dernier, il a été retiré in-extremis. Motif invoqué : Fétim, l’esclave noire, héroïne du film, n’est pas d’accord. Pourtant s’étonne, Violeta, ils ont eu tout le temps pour décider. Les droits ont été achetés, il y a plus d’une année, il a été adapté à la télévision, traduit vers le suédois, fait l’objet de publicité. Et puis, plus rien!
 
Pourtant « plusieurs personnes de couleur dans le film veulent que leurs voix soient entendues », a fait observer Mme Ayala, qui s’interdit de « réduire au silence » toutes ces voix.
 
Une satisfaction, cependant, les multiples prix récoltés, notamment une mention spéciale au festival de Toronto (Canada) et le prix du meilleur documentaire du festival panafricain de Los Angeles, au Nigéria en 2010 (Africa International Film festival), à Anchorage (Alaska), au Monténégro, Porto rico, Equateur, en Nouvelle Zélande, et en Pologne.

Sources : le site politique du Sahara occidental : 
            www.corcas.com
 Voir aussi : Le portail du Sahara occidental :
            www.sahara-online.net 
Le site de la culture hassanie :
            www.sahara-culture.com   
Le site des villes du Sahara occidental : 
            www.sahara-villes.com 
Le site du développement économique du Sahara occidental: 
                              www.sahara-developpement.com  
Le site social du Sahara occidental :
                              www.sahara-social.com

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